Actualités

Comment réussir l’hivernage d’un réseau d’irrigation ?

Le constat d’une hausse régulière des températures moyennes et des périodes de sécheresse s’accompagne cependant de phases hivernales affichant des températures très basses et parfois tardives. Les réseaux d’irrigation ne sont pas à l’abri de ces excès climatiques. Afin de préserver la durée de vie du matériel, éviter les coûts de réparation, et limiter les fuites et pertes, un hivernage du réseau est nécessaire.

Nous nous situons dans un cas d’irrigation sous pression, de réseau ou de pompage.

 

 

Vanne manuelle fissurée, à changer

 

Hivernage

L’hivernage se prépare dès l’étude du réseau à mettre en place, en faisant le choix du démontage, de la protection ou d’une solution intermédiaire. Des raccords, parfois rapides, permettent d’anticiper et faciliter le démontage et le stockage. Il faut prévoir les bouchons pour les ouvertures laissées, ou les improviser.

 

Filtres et tank de fertirrigation démontés pour l’hiver, à noter les ouvertures bouchées.

 

Système complet (vanne, pilotage, filtre, fertirrigation) sur cadre entreposé.

 

Plateforme béton où est installé le système complet sur cadre (filtration, fertirrigation, vanne, régulation et automatisme) avec arrivée et sortie d’eau bouchées en hiver. Le montage et démontage sont facilités par le tuyau souple (à gauche).

 

Sorties en attente en hiver pour système manuel de filtre et vannes.

 

Un hivernage correct permet de mettre à l’abri 7 à 8 mois de l’année le matériel d’irrigation couteux, d’optimiser sa durée de vie et son fonctionnement, mais aussi de réaliser en atelier des actions de maintenance délicates.

 

Nettoyage de maintenance

Avant l’hivernage proprement dit, nous procédons en premier à une purge du réseau, qui fait partie de la maintenance annuelle et qui a pour but d’éliminer les accumulations solides dans les tuyaux, les filtres.

 

Pourquoi hiverner ?

Une fois ce nettoyage effectué, nous passons à l’hivernage proprement dit.

Nous allons reprendre pratiquement poste par poste, les étapes d’hivernage.

Suivant l’installation, certains éléments peuvent être démontés facilement (connexions rapides), et entreposés à couvert du soleil et d’amplitudes thermiques importantes.

Le but du jeu de l’hivernage consiste en vider au maximum l’eau présente dans le réseau afin de limiter les risques de gel, mais aussi protéger de la lumière directe et des amplitudes thermiques.

 

Gel

Pour rappel, le risque lié au gel est dû à un effet de dilatation de l’eau lors de son passage de la forme liquide à la forme solide. Dans un même espace, les mêmes molécules d’eau augmentent de volume de 10% environ, pour une histoire de liaison hydrogène et positionnement. Sur des matériaux, avec une légère ou absente possibilité de dilatation, par exemple le PVC des alliages métalliques (galva, fonte…), cette augmentation du volume dans un espace fermé peut créer des fissures ou des cassures nettes.

Sur certaines parties plus « souple », cela crée une usure dans le temps. Les effets de gel et dégel sont problématiques sur certaines membranes d’électrovanne par exemple.

 

Lumière

Mettre les éléments à l’abri de la lumière directe du soleil est nécessaire pour certains matériaux photosensibles. En général ceux utilisés en irrigation le sont peu, mais si on souhaite conserver dans le meilleur état possible les éléments de son réseau, autant prendre cette précaution.

Le PVC, pratiquement bannis des dernières installations est lui très sensible. Son utilisation se cantonne à de la tuyauterie, parfois des sorties sont aériennes. Il faut donc les protéger, en hiver mais aussi le reste de l’année.

Les autres matériaux (galva, PE, acier…) sont généralement peu sensibles. Mais un filtre en plein soleil perdra de sa couleur au fil des années, ses propriétés élastiques seront limitées et il sera plus sensible aux éventuels chocs, donc à la casse ou à la perforation. L’entreposer à l’abri, entre 6 et 8 mois de l’année augmentera sa durée de vie.

 

Amplitudes thermiques

En plein air, des températures froides, parfois glaciales la nuit, et la chaleur de la journée, encore plus sur des matériaux qui par leurs couleurs accumulent les rayonnements solaires, créent des amplitudes thermiques sur des pas de temps courts (moins de 8h parfois).

Les éléments enterrées (tuyaux de réseaux primaire et secondaires, peignes) ou à l’abri dans des regards subissent moins ces amplitudes, elles sont limitées et plus progressives.

Les parties aériennes, en particulier les éléments de filtration ou les électrovannes constitués de polymères subissent eux de très fortes amplitudes.

Cela provoque des effets mécaniques importants sur certaines parties, d’autant plus s’il y a un mélange de matériaux (PE et alliages métalliques par exemple). Limiter l’amplitude thermique, par de l’isolation ou la mise sous abri après démontage, augmentera la durée de vie du matériel d’irrigation.

 

Recommandations

 

Source

Pour procéder à l’hivernage, nous fermons la source d’eau. Sur un réseau sous pression, c’est la fermeture de la vanne, sur un pompage, l’arrêt de ce dernier.

Sur les pompages, un hivernage du système motorisé est également nécessaire. Nous n’entrons pas dans les détails car il existe de très nombreux montages. Se rapprocher de l’installateur pour connaître les étapes à réaliser.

Une règle simple cependant est que si la pompe doit rester en plein air, elle doit être purgée, nettoyée et protégée jusqu’à la saison suivante.

 

Vidange du réseau

La vidange du réseau se fait par l’ouverture des différentes parcelles (mise en eau), afin de vider le réseau au maximum par gravité. Sur les parcelles concernées, il faudra ouvrir les fins de lignes. Sur certaines installations, il faut vider les points bas.

 

Vannes

Les vannes, quel que soit leur type (manuelle simple, électrique, hydraulique…) sont des points de casse fréquents en hiver à cause du gel.

De manière générale, il est conseillé de les laisser partiellement ouvertes pour qu’il n’y ait pas accumulation d’eau.

Pour les vannes à chambre, il y a toujours un système de purge prévue, à voir avec le fournisseur ou la documentation technique.

S’il y a une alimentation par pile ou batterie, à regarder dans la documentation technique s’il est recommandé d’enlever l’alimentation. Le froid accélère la décharge des batteries.

 

Régulateur de pression

Comme les vannes, la plupart des régulateurs de pression doivent être purgés, consulter la documentation du modèle pour connaître les étapes.

 

Compteur

Les compteurs en sortie de source ou ailleurs sur le réseau, doivent être purgés. Cela se fait généralement par une simple vidange du réseau général. S’ils sont propriété du viticulteur il est conseillé de les démonter et mettre à l’abri dans un endroit fermé, en protégeant les entrées et sorties.

 

Filtres

Il existe de très nombreux filtres, avec des fonctionnements différents (sable, tamis ou disque pour les principaux). Faire une description exhaustive et détaillée de l’hivernage de chacun est ici impossible. Nous allons rappeler en grandes lignes ceux que nous rencontrons généralement dans les installations viticoles.

Dans cette catégorie, nous mettons des filtres plus complexes tels que les séries AlphaDisc de Netafim ou SigmaPro d’Amiad. Ce type de filtre doit être livré avec une documentation technique qui explique de manière détaillée installation, utilisation, maintenance et hivernage. Il faut reprendre les étapes décrites dans ces documents pour réaliser un hivernage correct, avec parfois en appuis des vidéos disponibles sur le site internet du fabricant.

L’hivernage permet un arrêt des cycles, une purge des éléments (tubings, pistons, …), parfois une remise à pression atmosphérique.

Il est conseillé de profiter de l’hivernage pour vérifier l’état des tamis, disques et sables

Certains de ces filtres automatiques proposent en option ou de série une partie électronique qu’il faut également protéger, hiverner. En général un arrêt de l’alimentation électrique est suffisant,  une protection thermique est un plus (voir plus bas « Automatismes »).

Certains installateurs commencent à proposer des contrats de maintenance de ces filtres.

On les purge de leur eau, il y en général une vis sur le point bas qui permet l’écoulement de l’eau.

Sur les filtres à sable métallique, on regarde l’état du sable, s’il doit être changé, à faire au cours de l’hiver si besoin. On en profitera également du changement de sable pour regarder l’état des parois, s’il y a des traces de corrosion et éventuellement passer de l’antirouille.

Pour les filtres à tamis ou à disques, une fois la purge réalisée, on regarde l’état d’usure du filtre à l’intérieur et des différents éléments. Sur certains modèles, des joints sont à changer tous les 1 ou 2 ans, certaines parties sont à graisser, consulter la documentation d’entretien de chacun.

Il est parfois recommandé de laisser les vannes de purge à moitié ouverte, et on protège les éventuelles ouvertures laissées.

 

Fertirrigation

Les systèmes de fertirrigation doivent être purgés, à minima protégés et pour les parties les plus sensibles démontables, mises à l’abri. Certains systèmes d’injection demandent un entretien annuel (graissage, changement de joints, …) qu’il est intéressant de faire en cette période d’hivernage, avant la reprise de la saison.

 

Automatismes et alimentations

Sur les pilotes, les filtres,… certains automatismes doivent être hivernés, vérifiez sur la documentation technique. En général cela passe par l’arrêt de l’alimentation, enlever les piles ou batteries s’il y a, et mettre les parties électroniques à l’abri.

 

Les ouvertures

Toute ouverture créée lors de l’hivernage par le démontage d’une section doit être protégée afin d’éviter l’intrusion d’éléments (eau, terre, insectes, petits animaux,…) qui peuvent poser problèmes sur la saison suivante.

Ces protections doivent être réalisées bien évidemment sur le terrain, mais aussi sur le matériel entreposé (Photos 2, 4 et 5)

 

En conclusion, l’hivernage est une étape obligatoire dans l’entretien du matériel d’irrigation. Cela permet d’assurer un fonctionnement optimal en limitant les coûts de maintenance. Si l’hivernage est réfléchi dès l’élaboration du projet, il n’en sera que plus facile et efficace. L’investissement initial supplémentaire sera très vite amorti.

Sans hivernage, fuites, dysfonctionnements, perte de temps et dépenses dans du matériel de réparation ou de remplacement sont assurés.

 

Pour aller plus loin, contactez votre consultant viticole ICV.

 

Actualités

La PCR Digitale décryptée

next Lire la suite

Docs techniques

document

Étiquettes des echantillons pour le laboratoire

nextVoir le documents